Les 70 ans du journal Tintin : La saga des jours heureux

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Le Château de Malbrouck accueille cette année une exposition consacrée au 70ème anniversaire de la parution en France du journal Tintin. Le premier numéro de l'édition belge est publié le 26 septembre 1946 et le premier numéro de l'édition française, également distribuée en Suisse, sort en en 1948. L'idée de publier ce magazine vient, à l'origine, d'André Sinave qui voulait reprendre la formule du Petit Vingtième d’Hergé tout en la modernisant. Par la suite, une rencontre entre Hergé, André Sinave et Raymond Leblanc (alors fonctionnaire des douanes au ministère des Finances) est organisée. C'est Raymond Leblanc et Georges Lallemand qui fondent à Bruxelles la maison d'édition Le Lombard, chargée de publier et de financer le périodique.

Dans cette exposition, il s'agit en particulier de montrer comment le 9e art imaginé sous forme d’un journal accompagne la Reconstruction de l'Europe après la Seconde Guerre mondiale tant sur le plan de l’industrialisation, de l’économie, de la Guerre froide, de la consommation etc… Avec cette reconstruction l'idée de rêve américain (ou american way of life) fait son chemin au sein de la société française. Le journal Tintin tend à montrer comment la société se modernise, comment sont véhiculées les valeurs morales catholiques, vantées des vertus altruistes et humanistes et comment les biens matériels deviennent synonymes de richesse et de modernité.

L’exposition s’attache à présenter la naissance de ce journal pas comme les autres entre 1946 et 1948 avec notamment l’heureux mariage entre un entrepreneur ingénieux et un créateur génial que sont Raymond Leblanc, André Sinave et Hergé. L’une de salles de l’exposition présente l’impact des timbres fidélité Tintin ou comment l'american way of life et la société de consommation font irruption dans les foyers occidentaux via le 9e Art.
Le journal Tintin ne va pas sans la bataille qui a eu lieu entre les années 1950 et 1960 avec le journal Spirou, période de l’apogée de ces deux magazines. Les deux hebdomadaires ont d'abord des tons totalement différents, Spirou axé sur la fantaisie et l'humour, Tintin d'un aspect plus sérieux et éducatif. L'autre différence notable est le style graphique, Spirou étant adepte de la caricature et du dessin instinctif, alors que Tintin possède un style plus académique et réaliste. Vous découvrirez en images ces oppositions de style et de ton.

 

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Plusieurs salles présentent également la société civile à travers l’œil du journal Tintin. Qu’il s’agisse de sports et loisirs ou comment l'exaltation des corps n'est plus liée au fascisme et à la militarisation collective mais à la libération individuelle physique et psychique et à la compétition; elle-même synonyme de compétitivité économique, d'ascension professionnelle, d'amélioration du niveau de vie ou encore la salle consacrée à l'automobile : incarnation suprême de la modernité, l'automobile est le symbole également de la vitesse, du voyage, de la famille et des loisirs, de la puissance. La voiture est au cœur de toutes les années fastes de la Reconstruction et des 30 Glorieuses.

Une partie de l’exposition est consacrée au thème de l’évasion avec la salle aviation et espace. L'aéronef, de conquête en conquête, incarne l’évasion, il est un symbole d'héroïsme aussi. L'avion ou la fusée devient un vecteur de rêves et de fantasmes, utopie de la nouvelle frontière ou de plus de frontière du tout. Ou encore la salle consacrée à la science-fiction et l’univers post apocalyptique : l'objectif suprême est la lune, quand ce n'est pas mars, les mondes rêvés ; surtout depuis la bombe nucléaire et la menace que la Guerre froide fait peser.
Une dernière thématique fait, quant à elle, la part belle à la représentation sociale et historique de la société. Au sortir de la guerre, le Journal de Tintin s'applique à rappeler et à enseigner l'Histoire aux enfants le carnage sans précédent (60 millions de morts) qui vient de s’achever. Le lecteur plonge dans la Préhistoire, les racines de l'Homme moderne, de Tounga à Thorgal, on rêve d'un homme philanthrope et juste mais tout en rappelant le passé récent. La société post-guerre est aussi représentée avec l’incarnation des valeurs morales, de la famille, de la femme au foyer s'émancipant tout en ayant une représentation encore très sexuée.

Cette exposition par-delà le journal Tintin présente la vie de la société française depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu’au 30 Glorieuses, période faste allant de 1945 à 1973 à travers des objets, des mises en scène et des planches de bande dessinée. Une plongée dans le passé grâce aux bulles du journal TINTIN.

 

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